Avec des chats et tout plein d’autres images, qui décorent sa vaisselle, ses vêtements, ses bijoux et bien d’autres trucs, Kettö s’est acquis un public enthousiaste, gagné par un mélange d’originalité, de qualité et de plaisir. Mais comment tout a-t-il commencé?
Il était une fois, il y a bien longtemps (à la fin des années 1990), très loin d’ici (à Montréal), ou même encore plus loin que ça, dans une autre galaxie (le cerveau de Julie), euh… que disions-nous? Ah oui : il était une fois Kettö.
Oui, oui, ça fait une vraie décennie, tout ça. Fin 1998, l’embryon de Kettö apparaît. À l’époque, Julie St-Onge-Drouin, étudiante en design graphique et en arts visuels, travaille au Céramique Café de Montréal. Les petits personnages rigolos qu’elle peint sur les pièces vendues remportent déjà un vif succès. Un jour, une collègue de travail de Julie lui lance une idée : la céramique, les images, pourquoi ne pas pousser ça plus loin?
Et voilà, c’est parti : la production s’enclenche. Le salon de Julie devient officiellement un… salon-atelier. Une vaisselle durable, arborant des personnages sympas peints à la main, sort à la queue leu leu de cette «usine» à fabriquer des trésors d’inventivité.
En fait, on peut dire que la VRAIE histoire de Kettö commence par une tasse. Ou plus précisément : l’histoire de Kettö démarre grâce à une tasse avec un chat bleu dessus. C’est ça. C’est le premier hit de Kettö Design, cette tasse au chat Barjo.
Mais justement, ce nom, Kettö, d’où sort-il? Ou autrement dit : «Kettö? C’est quoi, cette bibitte-là?» Rien de compliqué : Kettö, ça veut dire «deux» en hongrois. C’est un nom qui a été trouvé, un jour, dans un guide de voyage. Évidemment.
Le succès s’affirme, lentement mais sûrement. Dans les expositions et les marchés publics où les premiers articles Kettö sont vendus, les clients ne s’y trompent pas : ce chat bleu est promis à un brillant avenir.
Des boutiques (C’est Si Bon, Chez Farfelu : premiers distributeurs!) commencent à faire des commandes. On entre peu à peu dans les grandes ligues. Puis on participe au Salon du cadeau, à Montréal, qui ouvre bien des portes et suscite bien des commandes. Conclusion logique: le projet doit grandir, déployer ses ailes. Et l’avenir lui sourira: il pourra compter sur plein de belles rencontres. Un bon coup de pouce sera aussi donné par le Fonds d’emprunt économique et communautaire et le programme Soutien au travail autonome (que Kettö remercie encore!).
En 2000, Julie revient à Québec, sa ville natale. À partir de ce moment, quelqu’un d’indispensable arrive dans le décor : Catherine Fafard. Entre elle et Julie, c’est la complémentarité même : il n’y a pas mieux que Catherine – la visionnaire, la magicienne en gestion du farfelu – pour stimuler (et freiner si nécessaire!) l’imagination de Julie, créatrice en chef. Dès lors, Catherine et Julie formeront un duo de choc, une équipe du tonnerre. Leur complicité souriante est le cœur battant de Kettö. Cette même année 2000, Kettö Design devient officiellement une entreprise.
Un atelier de la rue Saint-Vallier devient alors, pour plusieurs années, le quartier général des opérations Kettöïdes, qui s’étendent d’ailleurs de plus en plus : ouverture d’un kiosque à Place Laurier pour le temps des fêtes (Kettö y retourne chaque année), participation à des salons et expositions à Toronto, Ottawa et Montréal…
À Québec, Kettö s’épanouit et multiplie les projets. Plus du tout limitée à la vaisselle en céramique, la gamme de produits intègre, au début des années 2000, des cartes de souhaits, des bijoux en céramique, des verres sérigraphiés… et ce n’est qu’un début. Avide de collaborations extérieures, l’entreprise participe à la mise en marché d’une ligne de vaisselle au Portugal, et crée trois pyjamas pour la Maison Simons.
De dessin en dessin, Kettö sent peu à peu le besoin d’un lieu à son image. L’année 2002 voit l’ouverture de la première boutique Kettö, rue Saint-Vallier, à deux pas de l’atelier. En entrant dans cette « boutique-cuisine », les clients s’imprègnent d’un décor qui agrémente bellement les produits. Ce magasin, partagé avec Les Affreux puis Sophiori, est un premier pas vers une boutique Kettö « totale », qui arrivera quelques années plus tard…
Le projet mijote longtemps. Plusieurs artistes brassent leurs idées. Puis un jour, ding! c’est prêt. En 2006, la boutique de la rue Saint-Vallier ferme ses portes, pour mieux renaître sur l’avenue Cartier. Dans un lieu de déploiement et d’expérimentation. Un endroit pour plonger dans le bain de l’ébullition créative qui est le moteur même de l’entreprise.
En 2008, l’atelier déménage lui aussi, demeurant en basse-ville, rue Bagot. Dans des locaux tout à fait inspirants, aussi grands que la fantaisie de l’équipe. Plus que jamais, la boutique et l’atelier sont les deux épicentres des activités Kettö.
Voilà. Après tant de rencontres, d’amitiés, de collaborations et de sourires, on n’en est encore qu’au début. L’histoire de Kettö continue au rythme des audaces de son équipe créative.